Des nombreux voyages que j’ai fait en Jordanie, le nom d’Albert Precht est celui autour duquel à régné le plus d’admiration et de respect. Toutes les ouvertures qu’il a faite là bas sont empreintes de grandeur, de qualité et d’engagement. La subtilité des itinéraires et l’éthique irréprochable avec lesquelles ils sont ouverts forcent le respect.

Partir pour une « voie Precht » s’est s’attaquer au mythe et souvent synonyme d’aventure. On prend le plus d’informations possibles, pas de C2C et son armée de modérateurs/contributeurs pour baliser le chemin à prendre. Les voies Precht impressionnent! et très peu sont devenues classiques, il faut s’intéresser, lire et relire ses topos qui sont comme des hiéroglyphes toujours organisés de la même manière (rigueur autrichienne oblige), traduire les cotations en bon french grade, c’est toujours rassurant! Et puis surtout, au delà de l’escalade en elle même il faut repérer et trouver l’accès et la descente, Albert donnant des horaires canons, on sait qu’il devait courir dans les approches parfois complexes….bref c’est l’aventure !

Alors voilà, au départ de ce voyage en Crête, il y a ces quelques photos que l’on trouve sur le net avec Simon mon compagnon d’aventure : Precht avait séjourné là bas et ouvert des voies, fantastische!!!

En faisant quelques recherches on trouve un site sur lequel il y a pas mal d’informations en allemand et Simon en grand maître de la toile réussit à trouver le topo fait par Albert lui même, génial!

Quelques heures de traduction plus tard, je suis dans l’avion pour Heraklion avec Françoise et, Patrick, toujours prêt à m’accompagner sur ces premières découvertes.

Après avoir passé quelques jours à Agio Farango, rassurant pour son côté Kalymnéen, entendez par là, équipement béton, couennes sur colo et plages de rêve, je commence à ressentir de l’impatience : qu’est ce qu’on attend pour aller découvrir la vrai motivation de ce voyage, c’est à dire le temple autrichien de l’escalade Crétoise : Koutsounari  et ses environs et surtout le Ha canyon et Perivolakia canyon. 

Pour nous, tout sera à découvrir puisque malgré les traductions dont je dispose, aucune info ne m’a été donné de vive voix, je ne sais donc pas de quelle manière les voies sont équipées, si les faces sont hautes et quelles ambiances ont va trouver, exciting…!

Le matin on avale la route de Malala jusqu’a Koutsounari et le hasard fait que notre hébergeur connait des grimpeurs autrichiens et qu’ils resident juste à côté de chez nous, wunderbar!

On prend rendez-vous pour le soir et on file sur le Monastiraki Wand, bon rapport approche/escalade de 15minutes pour 270m.

Une belle face peu individualisée de loin mais qui révèle de très belles longueurs et sur un rocher à strates très classe: Heliostos sera notre première voie « Precht » en Crête.

Le soir même, on fait la rencontre très attendu de Sigi Brachmayer, grand compagnon de cordée d’Albert Precht, et cette soirée qui nous permet de toucher la légende d’un peu plus prés restera le point d’orgue de ce voyage.

Les jours suivants, et sur les conseils avisés de Sigi, on ira donc découvrir la belle ambiance du Ha Canyon, entaille de 400m, où les autrichiens ont ouvert des voies de part et d’autre du gouffre: époustouflant, avec une approche qui rappelle celles de Jordanie, pénétrer dans le Ha canyon est très impressionnant, les ruines d’anciennes civilisations Minoennes rajoutant une aura un peu mystique au lieu.

On jettera notre dévolu sur Minoes Pilar, très belle voie de 300m, sur un rocher ultra classe et dans une atmosphère prodigieuse, alors qu’en face on devine les belles envolées de Urwelt et Hades des Minoer, deux masterpieces a ne tenter qu’en cas de beau temps vu la difficulté de la retraite!

Les voies du Ha canyon sont relativement équipés, les relais en place et souvent pas mal de points dans les longueurs, mais cela ne dispense en rien de prendre un bon jeu de coinceurs et friends pour compléter, car les ouvreurs ont pris soin de laisser les parties protégeables vierges.

On visitera également proche de Monastiraki, le très beau canyon de Perivolakia qui comprend une cinquantaine d’itinéraires, terrain d’aventure partiels pour la plupart et de hauteur modérée, toutes portant le nom d’un grimpeur ou alpiniste de renom. Entreprise phénoménale pour Albert et ses compagnons, puisqu’ils ont posé dans chaque voie une plaque métallique au nom du grimpeur choisi! On choisira Royal Robin et Bernd Arnold, rien dans la première et quelques points dans la deuxième, mais toute les deux de caractère.

Voilà, ce voyage en terre hellénique nous aura comblé par cette recherche originale et excitante et m’aura donné envie d’y retourner pour parcourir encore de nombreuses lignes magnifiques, j’ai d’ailleurs rendez-vous avec Sigi qui y passe une bonne partie de l’année!